Lundi 7 janvier 2008
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En présentant ses voeux le 28 décembre à une assemblée de 'centaines de personnes'(
nous en avons compté 124 sur la photo panoramique du Midi Libre !!! ), le maire a cueilli son public à froid en révélant partiellement certaines
attaques dont il venait de faire l'objet déclarant tout de go:
« je
ne pardonnerai jamais (pour employer un mot célébre) aux chiens qui tentent
aujourd' hui de me salir. »
- PEUT-ON MENTIR A L'HISTOIRE ?
L'accusateur était Président, l'homme mort, et les chiens
journalistes...
(extraits du livre cité plus loin, Editions JC Lattès 1995
)
...Ce drame a atteint profondément François Mitterrand . Il n'a
certainement pas compris le désarroi profond dans lequel s'enfonçait son Premier ministre.
Il a gardé pendant un an sur son bureau ce feuillet sur lequel il avait rédigé de sa main dans le train qui l'emmenait vers
Nevers, le fameux passage du discours qu'il devait prononcer à ses obsèques :
«
...Toutes
les explications du monde ne justifieront pas qu'on ait pu jeter aux chiens
l'honneur d'un homme... »
C'est sans nul doute ce qu'il faut retenir du geste de Pierre Bérégovoy : son honneur était une valeur avec laquelle il ne pouvait transiger.
Mais il demande aussi une lecture plus large, dont personne ne sort indemne. La citation de Georges Clemenceau que Gilberte Bérégovoy a retrouvée dans son portefeuille, soigneusement
retranscrite et entourée au stylo, le souligne à l'évidence :
«
Mon parti m'a
abandonné, mes amis m'ont trahi, je suis un homme mort. »
A défaut d'une
lettre écrite de sa propre main, ce document est le seul « signe », néanmoins très explicite, qu'il nous ait laissé.
A chacun de s'interroger sur le mystère de la destinée d'un homme, sur la signification profonde de sa mort voulue et sur
le message qu'il faut en retenir.
Les Français se sont posé ces questions graves, essentielles:
+
Leurs lettres ne sont pas seulement le cri du cœur d'un peuple en
colère contre ses politiques, ses gouvernants, ses juges, son système médiatique et un peu contre lui-même.
+
Leurs lettres ont
aussi souvent un contenu et une dimension spirituels, constatation assez surprenante dans un pays réputé plutôt largement déchristianisé.
+
Leurs lettres
attestent enfin de la crise profonde que traverse notre démocratie. La pénurie de vraies valeurs morales est durement ressentie et dénoncée. L'appel à un renouveau des relations entre les citoyens et leurs représentants
unanime.
+
Leurs lettres
disent qu' ils aspirent à une pratique politique qui mérite le respect des citoyens et à une vie démocratique qui ait pour fondement le respect de l'autre, ce qui, à leurs yeux, n'a de toute
évidence pas été le cas vis-à-vis de Pierre Bérégovoy.
4 ° DE COUVERTURE DU LIVRE
philippe labi / christiane rimbaud
Lettres à Béré
Un peuple en deuil partagé entre le chagrin et la colère.
Célèbres ou anonymes, puissants ou humbles, de droite comme de gauche, les Français apprennent terrassés, en ce 1er mai 1993, le suicide de Pierre Bérégovoy. Des quatre coins du
pays, plus de deux cent mille d'entre eux écriront à Gilberte, sa femme, pour dire leur émotion.
C'est la radioscopie d'une nation en état de choc que révèle le choix de ces lettres, présenté
par Philippe Labi et Christiane Rimbaud.
Qu'ils y évoquent l'autodidacte arrivé au sommet du pouvoir, le dirigeant courageux, le Premier
ministre en exercice ou la victime du système médiatico-politique, le martyre du socialisme, qu'ils y expriment leur sentiment subjectif, leurs convictions idéologiques ou religieuses, tous les
signataires, les personnalités publiques comme les citoyens ordinaires, composent là le portrait d'une autre France que celle de la presse et des sondages.
Chef du service politique à VSD, Philippe Labi est l'auteur de 'Mitterrand : le pouvoir et la guerre'.
Historienne, Christiane Rimbaud est l'auteur de plusieurs ouvrages dont les biographies d'Antoine Pinay et Pierre
Bérégovoy; le procès Mendès France; l'Aventure du traité de Rome (en collaboration avec Christian Pineau).
Ultérieurement Christine Rimbaud a écrit celles de Pierre Sudreau, Christian Pineau, et Maurice
Schumann
Philippe Labi
Diplômé d'un DEA de 3ème cycle en sciences politiques, Philippe Labi commence sa carrière à Radio-France Internationale de 1985 à 1987 puis au Point de 1987 à 1990. Il rejoint VSD en tant que
rédacteur en chef adjoint de 1990 à 1995.
De 1996 à 1998, il est rédacteur en chef de Télé Star puis directeur de la rédaction du pôle TV EMAP. Il intègre alors le groupe Prisma Presse pour occuper les fonctions de rédacteur en chef de
Gala, puis d'éditeur des magazines Femme et Gala de 1998 à 2001. De 2001 à 2004, il est directeur de l'information et des magazines d'information de M6.
Philippe Labi rejoint le groupe Prisma Presse en tant qu'éditeur de VSD en août 2004.
Depuis avril 2006, il est également éditeur de Voici et Gala.